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FashionTechDays 2017 : L’événement BtoB Mode et Tech incontournable dans les Hauts de France présente en avant-première toute l’innovation produit et commerce.

Un lieu de networking idéal entre fabricants, distributeurs, créateurs, chercheurs et start-up.

Rencontre avec Annick Jehanne, au cœur d’un projet en ébullition.

Avoir travaillé dans le secteur de la mode pendant de nombreuses années au sein de marques et de centrales d’achat vous a donné une vue d’ensemble des besoins de ce secteur. Quelles sont vos actions aujourd’hui ?

A.J : Il a quelques années, j’ai décidé de fonder mes propres activités dans le but de former la filière mode et textile et de l’amener vers le futur à travers l’innovation et le développement durable.

Je dirige Hubmode, une entreprise de formation. Nous avons lancé une série de Moocs qui permettent  à tous les professionnels (designers, commerçants indépendants) de se former au textile ou à la vente. Une autre partie de mon activité est associative.  Nous avons cofondé l’association Nordcrea qui rassemble maintenant 50 entreprises dans les Hauts de France. Ensemble, nous construisons des événements comme les Fashiontechdays et d’autres à venir. Nous allons également ouvrir Plateau Fertile, un lieu à Roubaix qui sera un co-working et un fablab pour les créatifs et entrepreneurs de mode sociale et durable. Date prévue : Février 2018.

Les FashionTechDays, un pur produit d’intelligence collective pour régénérer le secteur de la mode ?

A.J :  Le nombre de start-up est en progression cette année au cœur de ces journées. Ce qui correspond à un phénomène. Soudain, nous assistons à une effervescence, une ébullition dans le paysage de la mode. Beaucoup de jeunes –  et de moins jeunes d’ailleurs –  (la Tech n’est pas l’apanage de la jeunesse…) s’intéressent aux problématiques de la chaine de valeur, puisque le système de la mode a beaucoup de mal – dans son ensemble – à dégager des profits. Que se soit de petites marques ou des créateurs, pour les plus gros retailers,  pour les entreprises de service, comme la communication par exemple. Tout le monde a de plus en plus de mal à « gagner sa vie », et nous sentons qu’il est plus que nécessaire de régénérer ce système. En introduisant une façon différente de créer, produire ou parler au consommateur…

Beaucoup d’acteurs réfléchissent à tout cela et arrivent avec des solutions – ou des débuts de solutions, pour remettre le système en état de fonctionnement.

Le programme proposera des keynotes, des démonstrations de nouvelles technologies, des ateliers sur des sujets très pointus. Il nous semble également très important de s’inspirer de ce qu’il se passe ailleurs en Europe. A ce sujet, nous accueillons une délégation de Berlin. En quelques années, l’écosystème de la Fashion Tech à Berlin a poussé de façon exponentielle. Ils ont une façon de coopérer qui est selon nous très intéressante à observer et à comprendre pour nous les Français qui avons un peu plus de mal à travailler en groupe.

L’idée est de réunir toute la filière mode dans un seul endroit pendant 2 jours. Pari gagné ?

A.J. : Grandes ou petites, les entreprises doivent absolument être ensemble. C’est la particularité de ce lieu de le permettre : filateurs, fabricants, grands distributeurs (Camaïeu, Damart, Pimkie, GEMO…), chercheurs, étudiants passionnés.

Il y aura une cinquantaine de start-up, voire plus. Nous sommes en train de tenter de pousser les murs, car nous recevons quotidiennement de nouvelles sollicitations et il est forcément très compliqué de faire des choix. On n’aurait presque pas envie d’en faire d‘ailleurs, mais nous y sommes contraints par la superficie des lieux cette année.

Les  grandes entreprises permettent à l’événement d’exister : c’est elles qui le financent très clairement, avec les collectivités publiques. Leur intérêt est clair : sourcer de l’innovation, échanger avec des acteurs de la filière qu’elles ne rencontrent pas régulièrement, et aussi pouvoir prendre la parole.

C’est très nouveau ! Et nous sommes très contents que ces grandes entreprises acceptent de venir partager leurs démarches d’innovations. Elles se rendent compte que dès qu’elles font un effort de partage, elles ont finalement beaucoup de retours positifs, des opportunités de recruter de nouveaux collaborateurs qui ont soudain une autre image de ces entreprises.

Mais attention ! Tous ceux qui viendront parler ont l’interdiction absolue de parler d’eux-mêmes… On est là pour partager et non pour se vendre. Nous voulons que l’auditoire soit inspiré. Seront privilégiés des formats très courts, percutants. Libre à eux ensuite de se rapprocher pendant les moments d’afterwork.

Bousculer les codes pour financer l’innovation. Vous avez renversé la vapeur ?

A.J. : Quand on démarre un projet, le financement est incontournable. L’ordinaire, c’est le passage obligé des candidats : le pitch devant les investisseurs. Nous allons essayer autre chose. Ce sont les investisseurs qui viendront pitcher pour convaincre en 2 mn les start-up présentes qu’ils seront capables de les soutenir. Seront présents des banques, des fonds d’investissement, des plates-formes de financement. Plutôt excitant, non ?

Côté financement,  des Prix seront également remis  pour financer des projets innovants.  Parlez-nous de ce programme.

J.A. : cette année, nous remettrons trois Prix de 1000 € chacun.

Tout d’abord le Hackamode, un événement uniquement B2B. Une vingtaine d’écoles vont proposer 2 ou 3 champions (volontaires) qui travailleront par équipe de 5 issus d’écoles différentes et pendant une journée, sur des sujets donnés par les grandes entreprises. A l’issue de ce temps de coopération, ils pitchent et présentent leurs réflexions aux différents directeurs de l’innovation qui voteront pour leur projet favori.

Il y aura aussi  le Pitch des Projets, ouvert aux start-ups en cours de montage et parrainé par la Société Générale. Enfin, le Coup de cœur durable offert par Eco-TLC notre partenaire au long cours.

A un mois de l’événement, quel est votre sentiment ?

A.J. : Le temps de construction de l’événement s’étale sur 3 ou 4 mois… Et les propositions extérieures se bousculent. De plus en plus de partenaires ont envie d’être présents. Tout peut donc encore bouger jusqu’au dernier moment. L’année dernière, la gagnante du pitch s’est inscrite la veille (Florence Moine – SweetFit). C’était son tout premier pitch. Et elle a gagné !

Nous avons construit un événement très convivial et en même temps très pro, une bulle pour les entreprises. Notre désir le plus cher ? Que les gens se rencontrent, et qu’ils apprennent les uns des autres, comme ce directeur d’innovation (qui venait d’être embauché) et qui m’a confié l’an dernier : « J’ai fait mon MBA d’innovation en 48H ».

Tout est là, à chacun de cueillir ce qui lui plait !

Notre rôle est surtout de mettre directement en relation les gens que nous pensons devoir se rencontrer. Un rôle de facilitateur qui nous tient très à cœur !

Propos recueillis par Catherine Dauriac.